ASPP 65: Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen

Pourquoi l’ASPP 65 ?

C’est en septembre 2000 qu’un groupe de personnes de la montagne a créé l’ ASPP, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen en réaction à l’intrusion d’ours sur l’arrondissement d’ Argelès-Gazost.
C’est dans le Pays Toy (canton de Luz St-Sauveur ) et également en Val d’Azun (canton d’ Aucun ) qu’avaient eu lieu des attaques sur plusieurs troupeaux.
Des sentiments de révolte, de colère et d’injustice et le constat de l’incroyable « folie des hommes » ont été à l’origine de ce mouvement.
L’origine de la révolte: nous avons exprimé, sous différentes formes, notre indignation face à l’absence d’une réelle concertation auprès des citoyens des vallées de montagne qui allaient avoir à affonter ces fauves et toutes les conséquences afférentes.
Quelques repères: à l’echelon national, une enquête sur internet où 1281 français ont répondu; à l’échelon pyrénéen, 170 personnes tirées au sort ont été auditionnées… toutes les voix dissonnantes ont été systématiquement muselées.
Sur quoi repose l’injustice: à la fois sur le déni de notre statut de citoyen à part entière qui a le droit et le devoir de s’exprimer sur un problème qui le concerne et qui doit être entendu.
Et, à la fois sur le déni du lien historique qui nous attache à nos montagnes que nous nous sommes efforcés d’entretenir, de préserver pour les léguer à nos enfants malgré les situations géographiquement et économiquement désavantageuses au cours des siècles.
Quant au pourquoi de cette colère: il est très bien analysé, d’une manière exhaustive et sensible, dans le livre de Violaine Bérot
« l’ours : les raisons de la colère »* que nous vous invitons à lire. Vous y découvrirez ce que nous sommes et ce que nous pensons.
*(Edition Cairn, 2006 )
En lire plus à la rubrique BIBLIOGRAPHIE

Ce mouvement a dès le début regroupé les habitants, toutes catégories socio-professionnelles confondues. Il n’a pas été exclusivement le domaine réservé des éleveurs, bien qu’ils soient en première ligne du fait d’attaques sur leurs troupeaux et des graves conséquences économiques et psychologiques qui en découlent.
L’ensemble des populations s’est senti concerné et a partagé avec les éleveurs les conséquences de cette nouvelle situation. D’ailleurs, ceci n’a fait que se confirmer d’année en année pour aboutir à une formidable démonstration lors de la manifestation de Bagnères de Bigorre le 13 mai 2006 rassemblant près de 7000 personnes.
En voir plus à la rubrique VIDEOS

Analyse globale

En effet, ce sont ces habitants des vallées de montagne qui ont exprimé leur profond attachement à un mode de vie, à un environnement : culture et mémoire partagées, perception commune de ce milieu montagnard.
Pour nous il s’agit bien de reconnaissance d’une culture, l’expression d’un lien avec ce milieu, d’un patrimoine à protéger d’où le nom de l’association « pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen ».
Patrimoine: « bien commun d’une collectivité, d’un groupe humain, considéré comme un héritage transmis par les ancêtres » ( définition du Petit Larousse Illustré ).

Eleveurs, professionnels des métiers de la montagne, randonneurs, chasseurs, pêcheurs, promeneurs… autant d’utilisations, autant d’appréciations de ce lieu de vie qui sont venus enrichir une réflexion commune sur son devenir.
Par commodité de langage, nous avons été nommés « les anti-ours » mais cette expression est extrêmement réductrice de ce que nous pouvons en dire.
Bien sûr, nous ne cachons pas que nous sommes contre l’importation d’ours slovènes et que c’est leur lâcher qui a été le détonnateur du notre contestation.
Mais nous posons le problème en terme d’usages pastoraux et de biodiversité, en terme de responsablité sur la sécurité des personnes, en terme de coût social et financier des deux programmes de « restauration » et des associationns satellites du ministère de l’écologie.
En lire plus à la rubrique DOCUMENTATION : Ours-ADDIP-Synthese-16-Juillet-2007.
Il nous est tout de suite apparu que l’ours importé de Slovénie n’était que la partie visible de l’iceberg et qu’en arrière-plan se profilait une autre destinée pour les Pyrénées.

Quel avenir pour les Pyrénées ?

Nous avons tout de suite posé le problème en ces termes :
Pyrénées aux activités humaines multiples :
industries des sports d’hiver, d’été, thermalisme, élevage, activités de loisirs (chasse, pêche, randonnée, escalade, VTT, parapente…), tourisme… OU
Pyrénées sauvages : avec le départ des troupeaux et des éleveurs, les interdictions et restrictions des autres activités pour faire la place aux animaux sauvages, ours et loups importés.

Car, sans minimiser les désagréments causés par les attaques d’ours et ses conséquences désastreuses sur l’élevage, la question posée est celle de la fonction de ces territoires.
Derrière l’ours et le loup, en filigrane, se pose la réquisition des territoires montagnards à d’autres fins non encore avouées au grand public.

Actions et champs d’intervention.

Pétitions, manifestations, interventions, courriers, dossiers, vidéos… ont jalonné la vie de l’association.
Nous avons compris depuis huit ans qu’il fallait, coûte que coûte, s’arc-bouter sur nos convictions et communiquer notre point de vue, sans relâche, en argumentant sur tous les aspects, sur tous les fronts.
L’élevage est évidemment l’activité la plus menacée par l’arrivée de ces grands carnivores.
Nous affirmons que les éleveurs hauts-pyréneens sont compétents dans leur métier, qu’ils n’ont pas à recevoir de leçons en matière de conduite de leurs troupeaux, que les pratiques pastorales sont toujours adaptées aux lieux d’estives, aux productions ( viande ou lait ).
Elles sont le résultat d’un savoir millénaire dont nous sommes fiers.
Ces bonnes pratiques répondent à deux demandes sociétales : des produits sains et fabriqués selon des principes respectueux de l’environnement.
Le pastoralisme est le garant d’une biodiversité exemplaire sur notre département.
Pour preuve : les multiples classements NATURA 2000. De nombreuses estives accueillent 95% d’espèces d’intérêt communautaire.
En lire plus à la rubrique Pastoralisme et Biodiversité.

L’activité pastorale entretient l’espace et participe à la prévention des risques naturels : avalanche, incendie, glissement de terrain, érosion…
L’activité d’élevage maintient une activité économique et sociale dans les vallées et est le socle sur lequel repose l’activité touristique.
L’arrivée de l’ourse, dénommée Franska, en avril 2006, ses agissements perturbateurs sur l’ensemble du département, n’ont fait qu’exacerber les sentiments de révolte, d’injustice et nous a permis de les partager avec le plus grand nombre.
Nous nous sommes rassembler largement sur tout le département, citoyens, responsables de la vie associative et syndicale, élus communaux, cantonaux départementaux et nationaux.
Le travail n’est pas fini, car, d’une part le danger rôde d’un nouveau lâcher d’ours, de l’installation du loup, et d’autre part nous avons à participer à la réflexion sur le développement de nos territoires de montagne et à faire connaître notre point de vue sur ce sujet.
Nous avons pour ambition qu’aucune des composantes socio-professionnelles (agriculture, artisanat, commerces famillaux, métiers du tourisme…) soit laissée au bord du chemin.

Vers quel type de développement durable nous voulons aller en intégrant les trois principes :
progrès social, progrès économique et préservation de l’environnement ?

Le bureau

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