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Pastoralisme et Biodiversité
La montagne offre un paysage que les visiteurs aiment parcourir ; c'est l'oeuvre du paysan avec les troupeaux qui n'ont cessé d'y inscrire leurs empreintes depuis trois mille ans.
Aujourd'hui, l'implantation artificielle de fauves bénéficiant de toutes les protections vient saccager ce résultat et annonce la disparition de l'élevage et avec lui la remarquable biodiversité que nous rencontrons dans les Pyrénées.
Le département des Hautes-Pyrénnées est bien situé dans ce domaine puisque de nombreuses unités pastorales ont été retenues dans le cadre de NATURA 2000.
« Moult sites présentent sur des milliers d'hectares un habitat constitué à plus de 95% d'espèces d'intérêt communautaire. Ce simple fait résulte d'une pratique pastorale profondément respectueuse de son environnement... le plan de réintroduction (de l'ours) se transforme donc en
fossoyeur de nos biotopes pastoraux. Ce danger doit être bien mesuré car les dégâts sur l'environnement d'une absence de pastoralisme seront assurément irreversibles. » extrait de la note rédigée par la Chambre d'Agriculture des Hautes-Pyrénées et adressée au préfet en juin 2007.
Nous souhaitons dire et écrire, sans relâche, combien les troupeaux et leurs conduites sur les estives et les zones intermédiaires sont les créateurs de paysages et de biodiversité. Mais la « nature » que nous rencontrons aujourd'hui n'est pas fixée pour toujours. Elle se régénère d'une année sur l'autre si les mêmes conditions sont remplies; les ruminants en sont des acteurs incontournables.
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Les pratiques pastorales c'est à dire la manière de conduire les troupeaux sont un élément essentiel
dans la création de la biodiversité. Le gardiennage permanent des bêtes serrées par les chiens, le
parcage nocturne dans des enclos fixes, à des heures fixes, sont autant de facteurs qui viennent
perturber les bêtes dans leur façon de se nourrir et donc dans l'impact qu'elles peuvent avoir sur les
pelouses d'altitude.
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Les défenseurs du « tout ours » ou « tout loup » n'abordent la notion de biodiversité que par une approche réductrice laissant croire que là où ces animaux vivent le problème est réglé. Ils feraient office d' « espèce parapluie ». Faux et mensonger car la gestion des écosystèmes est bien plus complexe et ne se réduit pas à quelques espèces « sauvages »devenues prioritaires dans l'esprit des hommes mais non dans la nature. Bernard Chevassus-Au-Louis dans « Biodiversité un nouveau regard »donne l'exemple au Mont Nimba en Guinée du figuier avec 31 espèces recensées qui entraîne une grande diversité d'insectes, au nombre de 113, inféodés à son fruit pour leur
reprodution. Ceci démontre que la biodiversité appelle la biodiversité. « l’intérêt pour la gestion des espèces « banales » et abondantes, jouant donc un rôle important dans le fonctionnement des écosystèmes, viendra élargir une vision trop focalisée sur les espèces rares et menacées. Sur le plan idéologique, cette reconnaissance de l’importance de la nature ordinaire oblige sans doute à revoir certaines terminologies introduisant des jugements de valeur implicites sur l’état d’un écosystème ». Par Bernard Chevassus-au-Louis, Robert Barbault et Patrick Blandin-ouvrage collectif « Biodiversité et Changements globaux » à l’occasion de la conférence internationale de Paris de janvier 2005 sur la Biodiversité.
Ils poursuivent en repositionnant les enjeux de demain en ces termes « Quoiqu’il en soit, c’est maintenant au sein de ce tripode économique, social et environnemental du développement durable qu’il apparaît nécessaire de penser les questions de la biodiversité ».
Bruno Besche-Commenge, dans l'analyse qu'il fait des différentes positions prises par la FAO et l'Europe, souligne, avec vigueur, l'intérêt qu'ont les races domestiques autochtones.
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Elles font partie du patrimoine génétique des Pyrénées au même titre que le grand tétras et le desman.Tout le long de la chaîne, nous bénéficions, grâce à la main de l'éleveur, de multiples races autocthones en ovin, bovin, équin et asin. Si par mégarde, elles venaient à disparaître, leurs remplaçantes ne joueraient pas le même rôle sur le milieu. D'ailleurs, il est indispensable de les maintenir « in situ », comme le recommande, dans sa Charte, le Bureau des Ressources Génétiques ( BRG ) car elles gardent l'ensemble de leurs caractères acquis à partir du milieu d'origine, à travers les siècles, et en relation avec les usages pastoraux adaptés.
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Une autre élément fondamental, et pas assez appréhendé, c'est le rôle joué par l'homme et le troupeau dans l'entretien des espaces. Autant en ville il est aisé de mettre des jardiniers pour parfaire les décors de verdure souhaités, autant en montagne, il ne peut être envisagé de les remplacer par des « brigades vertes ». L'activité d'élevage permet de garder les milieux ouverts aux abords des villages, évite
l'embrouissaillement, les risques d'incendie, les érosions, entretient les pelouses fixant la neige pour les stations de ski et intervenant sur les risques d'avalanches... .
C'est ce qui est appelé les « externalités positives »et qui représentent les effets positifs énumérés ci-dessus, non pris en compte par le marché.
C'est une nouvelle façon d'aborder le rôle social et économique de l'agriculteur de montagne, qui tout en continuant à produire, intervient directement sur les activités touristiques, et devient un acteur indispensable sur les questions environnementales posées.
Autant de pistes de réflexion qui viendront alimenter cette rubrique.
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